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Capter l'oeil qui brille

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Par Hervé Fourneau, Dirigeant d'Objectif Nature

Nathalie Bellec : Hervé Fourneau, depuis 21 ans vous dirigez Objectif Nature, qui allie le voyage à la photo. Pouvez vous nous raconter qui participe à vos safaris ?

Hervé Fourneau : Nous avons une palette assez large de participants. Une petite partie est composée d’entreprises qui souhaitent par exemple marquer un événement avec leurs clients ou donner les moyens au comité d’entreprise d’avoir une offre plus qualitative pour les salariés.

La majeure partie de la clientèle est constituée de particuliers amateurs de photos, allant du débutant au semi professionnel. Pour les plus exigeants nous organisons des voyages sur-mesure permettant aux photographes de vivre leur rêve en apportant conseils, orientation et une logistique adaptée à leurs objectifs de reportage.

Les particuliers viennent avec leur équipement souvent de qualité : des réflex, numériques bien sûr. Cependant, lors de la préparation du safari notre service permet de proposer à la location du matériel plus adapté, comme des téléobjectifs par exemple. Les femmes sont de plus en plus nombreuses et apportent avec bonheur une sensibilité différente. Elles sont également plus à l’écoute pour apprendre à réaliser de belles images …

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NB : Quelle différence faites vous entre le safari photo que vous mettez en avant et un stage photo ?

HF : La différence majeure réside dans le fait que dans un safari photo nos clients sont en vacances ! Ils sont au maximum une dizaine, accompagnés tout au long du voyage par un photographe animalier qui connaît la topographie et les comportements des animaux sauvages. Ils sont là pour conseiller les participants dans la mesure où ceux-ci leur posent des questions. Il n’y a pas d’enseignement planifié, le voyage conserve un côté ludique.

Il en va autrement pour les stages, que nous proposons également et qui ont un enseignement structuré : prise de vue suivi d’un temps d’analyse à l’écran pour critiquer les contrastes, la luminosité, le cadrage, etc … Les séjours sont plus courts (une semaine) et demandent une attention soutenue.

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NB : Comment se déroule concrètement l’accompagnement des photographes ?

HF : Lors de la participation à un safari, 95% des photos prises seront celles d’animaux … Il est étonnant de constater que les participants ne profitent pas autant des moments de convivialité pour capter rapidement, par exemple avec un compact, les ambiances fugitives de ce qui est vécu par le groupe au cours de cette aventure.

Au fur et à mesure du circuit le guide photographe va s’adapter au niveau de son groupe en créant une dynamique et surtout déterminer ce que chacun sait faire en terme de prise de vue, indépendamment de la qualité de son matériel. Tout enseignement reprend les fondamentaux de la photographie : la photo animalière étant très pointue, pour pouvoir progresser il faut s’assurer de bien maitriser les concepts de base … qui sont souvent pris à la légère et reprennent ici tout leur sens.

J’ai remarqué que le voyageur qui investit dans un safari photo arrive généralement tendu. Il commence par shooter un grand nombre de prises de vue dès que les animaux apparaissent, en oubliant le cadrage, l’orientation de la lumière, etc… on sent qu’il faut faire vite et qu’il veut mitrailler. Le stress de l’instantané et du furtif est palpable. Les jours passant on arrive à un deuxième stade du voyage où le photographe voyageur prend davantage le temps d’analyser les multiples paramètres que nécessitent une prise de vue de qualité. Le principe est de revoir les photos dans la journée pour faire le point sur les faiblesses de certaines prises, de façon à progresser : l’analyse peut se faire à l’ombre de la tente à l’heure du déjeuner quand il n’est pas question de sortir par grande chaleur avec un soleil qui écrase les contrastes, ou bien le soir. L’accompagnateur reprend de A à Z les règles photographiques sans idée préconçue. Il leur rappelle notamment que la photo se pense et se prépare en amont, ce que les amateurs plus anciens, familiers de l’argentique, avaient bien compris compte tenu des coûts qu’entrainait le développement de chaque photo. Il peut prolonger l’enseignement par des conseils sur Photoshop pour ceux qui le désirent.

 

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NB : Quel est le principal bénéfice que le client va retirer d’une telle aventure ?

HF : L’apport de ce safari est essentiellement de parvenir à traduire dans la photo le comportement animal: prendre un lion qui rugit suppose de débusquer le lion, de patienter jusqu’au moment crucial ET de réaliser la prise de vue qui souligne l’effort que fait l’animal pour rugir ! On doit ainsi percevoir cet effort au travers de la brume qui s’exhale de la gorge … Les animaux doivent être bien cadrés, toujours bien exposés, avec ce reflet caractéristique de l’œil qui brille.

Si ces conditions ne sont pas réunies, je considère que la photo ne mérite pas d’être conservée au milieu d’un lot d’autres trop semblables. C’est donc également une question de fond qui se pose au voyageur comme à tout photographe : que faut-il garder de ces centaines de photos de j’ai prises ?

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